• Loïc Piaux

Greenpeace demande l’interdiction des dividendes pour les compagnies polluantes

Début Mai, l’organisme écologiste Greenpeace a fait appel au gouvernement français pour demander l’interdiction par la loi des versements de dividendes pour les entreprises les plus polluantes.


L’idée est de réprimander les entreprises qui ne réduisent pas leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) conformément à ce qui avait été décidé lors des Accords de Paris en 2015. Greenpeace veut donc les inciter à respecter leurs engagements en demandant une interdiction de dividendes aux actionnaires de ces entreprises. L’argent destiné habituellement à cet effet devrait ainsi être réutilisé pour investir dans une transition écologique.


Selon un rapport de Greenpeace, en 2018, les dix entreprises les plus polluantes du CAC40 ont émis plus de 3,1 milliards de tonnes de CO2 tout en reversant 20 milliards d’euros de dividendes la même année.


Légalement, les entreprises n’ont aucune obligation de respecter les Accords de Paris. Et c’est bien là le problème, car les plus grosses entreprises sont responsables d’une énorme production de GES. La proposition d’interdiction de dividendes peut paraître draconienne mais, d’après les déclarations de Greenpeace au journal Natura-Sciences, la situation l’impose : « Si les entreprises climaticides ne peuvent plus verser de dividendes, elles ne parviendront plus à attirer d’actionnaires et n’auront plus d’autre choix que de s’engager dans la transition écologique ».


L’organisme écologiste propose donc une nouvelle loi climat qui fixerait des objectifs de réduction de GES pour toutes les entreprises. Des commissaires aux comptes carbone seraient en charge de surveiller les activités de ces entreprises et pourraient les sanctionner en cas de non-respect des objectifs en interdisant le versement de dividendes. Dans leur viseur, les 10 grandes entreprises françaises les plus polluantes du CAC40 : ArcelorMittal, BNP Paribas, Crédit Agricole, Engie, Michelin, PSA, Renault, Société Générale, Total et Veolia Environnement.


L’objectif principal de Greenpeace est de réduire de 7 % par année les émissions de GES des grandes entreprises françaises pour parvenir à la neutralité carbone d’ici 2040.


Selon The Institute for Climate Economics, en France, il manque entre 15 et 18 milliards d’euros d’investissement par an pour opérer une transition écologique. L’ensemble des dividendes des 5 entreprises les plus émettrices de GES en 2018 s’élevait à 16 milliards d’euros.

©Mariana Calil

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