• Léa Villalba

Solidarité : Foundation64 aide les femmes dans la rue en période de COVID19

Désireuse de trouver des solutions aux crises locales et mondiales, Fondation 64 met en place des projets humanitaires en lien avec des organismes communautaires. Créée par le photo-journaliste Aydin Matlabi, en 2016, elle vient principalement en aide aux enfants à risque et aux femmes, à travers le monde. Pour contribuer à sa façon, la Fondation 64 s’est alliée à La rue des femmes pour aider celles qui sont dans la rue. Rencontre avec le fondateur.


Bonjour Aydin. Tout d’abord, comment allez-vous et comment avez-vous été touché par la COVID-19 ? (Suspension d’emplois, de revenus... ?)


Le Covid-19 a tout mis en pause. Tous mes projets, expositions, conférences et mon club sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Ceci étant dit, aussi mauvais que tout cela semble, tout va bien.


Nous vivons dans une société qui, même lorsqu’une pandémie nous frappe, nos pires sacrifices consistent seulement à regarder Netflix et commander de la nourriture. Nous sommes privilégiés. Sérieusement, nous sommes choyés.


Sans vouloir sonner un peu cliché, je suis habitué au chaos, à travailler dans des environnements où l’on doit vivre au jour le jour, ne sachant pas ce que demain apportera. Et pour une fois dans l’histoire moderne, nous vivons tous cette anxiété collectivement.

Ce qui me rend fier malgré la panique et le stress actuel est que nous nous aidons en collectivité afin de passer au travers de cette crise mondiale. Malgré la situation actuelle, nous sommes toujours prêts à donner un coup de main à notre prochain. L’espoir et la volonté surpassent l’isolation.



En quoi consiste le projet avec La rue des femmes ?


L’objectif est de simplement prendre soin des besoins fondamentaux des femmes, qui, pour de multiples raisons, vivent dans la rue, à Montréal. Malheureusement, le centre n’est pas assez grand pour répondre adéquatement à toutes les arrivées et maintenir les réglementations de « distanciation sociale » dans le cadre du Covid-19 et l’organisme ne laissera pas une pandémie les empêcher d’aider leur communauté. Donc, en travaillant ensemble, nous espérons nous assurer qu’ils ont toutes les nécessités pour la période de pandémie.



Comment avez-vous choisi Les femmes dans la rue ?  


L’organisation La rue des femmes existe depuis plus de 20 ans. C’est une organisation en qui j’ai confiance et que je connais. Ils fournissent tellement d’effort, soit en donnant du temps bénévole et en étant le personnel de première ligne, malgré la pandémie actuelle. Malgré tout cet acharnement, le personnel ne demande pas de reconnaissance publique, ils ne veulent que venir en aide à ces femmes. Ce sont les femmes de nos rues que l’on ne voit pas, ou que l’on ne veut pas voir, des individus qui se retrouvent seuls dans une ville fantôme.


De quoi avez-vous besoin ?


Ces femmes ont besoin de notre aide, et ce, sans jugement et sans opinion personnelle. Dans le cas présent, une simple paire de souliers dont vous n’avez plus besoin, une boîte de tampons, une paire de chaussettes confortable pour les nuits froides ou encore un simple hoodie propre aide une personne dans le besoin à affronter un autre jour de plus dans ce moment de crise. À première vue, ces objets semblent banals pour vous, mais croyez-moi, lorsque vous n’avez aucun refuge, cela peut sauver des vies.




Quelles réactions avez-vous reçues suite à la mise en place de ce projet ?


C’est là que j’explose de bonheur ! Les Montréalais se soucient de la cause ! Ils donnent, achètent, partagent et soutiennent l’organisme. Cela ne fait qu’une semaine déjà et il est incroyable de voir combien de personnes veulent supporter le projet. Et ce n’est que le commencement !


Est-ce seulement une collaboration le temps de la covid19 ou pourrait-elle continuer ensuite ?


Pour l’instant, il ne s’agit que d’un simple bandage à la blessure actuelle. Avec un peu de temps, nous allons pouvoir formuler un projet qui offre des solutions plus spécifiques. Cela ne viendra qu’avec le soutien et l’expertise du personnel de La rue des femmes.




Quel message voulez-vous passer aux gens chez eux ? Comment peuvent-ils aider les autres en cette période si particulière ?


Le message est simple. On va bien. Tout ira bien. N’ayez pas peur de vos voisins, parlez-leur avec une distance raisonnable. Quand vous sortez faire des courses, ne regardez pas vos prochains comme s’ils étaient une maladie sur pattes, ils sont comme vous. Ils vivent le même stress et la même peur que vous. Alors, souriez-leur, même si vous ne voyez pas leur sourire derrière leur masque, leurs yeux vous le démonteront. Prenez soin des autres, prenez soin d’eux sans jugement. Ouvrez les fenêtres, il ne suffit que d’écouter notre ville, son calme, comme nous devrions l’être, et enfin voir l’espoir. On va bien. Tout va bien.



Merci aux artistes qui ont illustré cet article: ©Mariana Calil, ©Eve Laguë, ©Maxime Lemieux-Noël et ©Carol-anne Pedneault.

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