• Loïc Piaux

Un camp d’éléphants destiné au tourisme en Thaïlande se transforme en centre de conservation

Le Maesa Elephant Camp, plus grand centre d’éléphants du nord de la Thaïlande, libère ses 78 éléphants de leurs obligations touristiques. Depuis novembre 2019, ils ont été déplacés dans un nouveau parc, le Chang Chiangmai, pour être protégés.


Cela faisait un an que le centre voulait mettre fin à ses activités touristiques pour prendre soin de ses éléphants, mais aucune date n’avait encore été fixée. La crise du COVID19 a été l’élément déclencheur. Lorsqu’ils ont dû fermer à cause de la pandémie, ils en ont profité pour opérer leur virage à 180 degrés en fermant le centre touristique et créer le Chang Chiangmai.

« Au Chang, les éléphants ne sont pas enchaînés, ne transportent pas de touristes, ne font pas de spectacles… Nous voulons faire en sorte qu’ils puissent vivre aussi naturellement que possible », nous explique Colin Penberthy, administrateur du camp.

Depuis plusieurs années, de nombreuses associations de protection animale ont dénoncé les pratiques de maltraitance dans les camps d’éléphants en Thaïlande. Certains enchaînés, battus, forcés de travailler jusqu’à l’épuisement…


L’association Moving Animal avait ainsi dénoncé les pratiques du Maesa Elephant Camp. Selon leur enquête, les bébés étaient séparés de leur mère pour leur apprendre des tours de cirque, les forcer à soulever de très lourdes charges ou encore les utiliser pour les fameuses balades pour touristes.

Néanmoins, rien n’interdit officiellement de telles pratiques en Thaïlande et de nombreux centres continuent de profiter des voyageurs étrangers pour faire travailler leurs éléphants. La décision du parc de Maesa d’arrêter leurs activités touristiques apparaît donc comme une grande victoire pour les associations animalières.

Cependant, les pachydermes ne pourront pas être remis dans la nature, car la loi thaïlandaise ne le permet pas. En Thaïlande il y a environ 3000 éléphants sauvages et 3800 domestiques. Selon le gouvernement, si on relâchait ceux en captivité, ils n’y aurait pas assez à manger ni assez d’espace pour tout le monde.


C’est pourquoi le centre de conservation prendra soin de ses animaux : « Nous allons proposer des visites de jour. Les touristes pourront les nourrir, mais il n’y aura plus aucun spectacle. Nous allons aussi développer un programme de volontariat pour prendre soin des éléphants, sensibiliser la population, et aider la communauté locale », nous confie Colin Penberthy.

Il ajoute également que de gros travaux sont en cours pour améliorer la vie de leurs 78 compagnons : « nous planifions de construire un hôpital animalier, un centre d’éducation ou encore une école de cornac (maître, guide et soigneur de son éléphant).»

Le travail des associations de défense des animaux semble donc enfin porter ses fruits. Cette initiative du camp Maesa est une des premières du genre en Thaïlande et pourrait inspirer d’autres parcs à faire de même dans les années à venir.


©Damien Ronto

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